Un ministère des Mines et des Industries minières pour valoriser le potentiel algérien


La création d’un nouveau ministère des Mines et des Industries minières est un signal fort pour valoriser  le potentiel minier en Algérie.

Après avoir été successivement rattaché au ministère de l’Industrie puis à celui de l’Énergie et des Hydrocarbures, le secteur minier relève désormais d’un département ministériel qui lui est exclusivement dédié. L’annonce est faite jeudi dernier suite au remaniement opéré par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, scindant le ministère des Hydrocarbures et des Mines en deux.

«La désignation de Hanifi à ce poste est un atout»

À ce titre, Mohamed Arkab a été nommé ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mourad Hanifi désigné ministre des Mines et des Industries minières et Karima Tafer secrétaire d’État auprès du ministre des Mines et des Industries minières, selon un communiqué de la présidence de la République. Pour les professionnels du secteur, le nouveau ministre est une figure bien connue du milieu. C’est un enfant du secteur.

En effet, Hanifi occupait le poste de directeur général de l’Agence nationale des activités minières (ANAM) après avoir été directeur des mines au département de Mohamed Arkab. «La désignation de Hanifi à ce poste est un atout pour une meilleure vision, étant donné ses compétences dans le domaine minier national et le secteur des mines et carrières du pays», témoigne l’expert agréé en ressources minérales et géologie, Arezki Zerrouki. Le choix du timing est loin d’être anodin.

Le contexte algérien confirme cette thèse qui met en avant cette nouvelle orientation stratégique entreprise par les pouvoirs publics pour booster le secteur minier visant un double objectif:

accélérer la valorisation des ressources minières, d’un côté, et de l’autre réduire la dépendance aux hydrocarbures mais surtout aux importations.

Il convient de rappeler que cette action présidentielle s’inscrit dans le cadre des réformes structurelles entreprises pour développer ce domaine en commençant par la mise en place d’une nouvelle loi minière n°25-12 datée du 3 août 2025 qui vient remplacer celle qui était en vigueur depuis 2014. Ce nouveau texte de loi a introduit des mesures incitatives pour renforcer l’investissement notamment étranger et l’exploitation minière avec l’encouragement du contenu local.

Ce nouveau ministère devrait intervenir sur plusieurs chantiers priorisant l’amélioration de la gouvernance, l’attractivité des investissements et le développement des projets miniers, tout en valorisant les travaux de recherche auxquels l’État accorde un fort intérêt. Il n’est un secret pour personne que l’Algérie dispose d’un potentiel considérable en métaux précieux, en métaux rares et en terres rares. D’où l’importance de la création de ce nouveau ministère chargé de structurer et de développer le secteur minier qui a une portée, faut-il le dire, aussi bien économique que social au regard de la valeur ajoutée et des emplois susceptibles d’être créés autour des différents gisements existants.

Donner un nouveau souffle

Zerrouki a, de ce fait, souligné dans ce sens que «le remaniement portant la création d’un ministère des Mines et des Industries minières est d’abord une décision souveraine visant à donner un nouveau souffle à un secteur inscrit dans la stratégie de l’État», indiquant que «les trois projets structurants Gara Djebilet, Tala Hamza et Bled El-Hadba ont besoin de plus d’accélération pour leur concrétisation et mise en exploitation effective au service de l’industrie et de l’économie nationale».

En effet, les pouvoirs publics mettent les bouchées doubles pour que ces trois projets entrent en exploitation dans les plus brefs délais, permettant à l’Algérie de renforcer le cadre de sa diversification économique et de tirer profit de l’important potentiel existant qui demeure, nonobstant, peu exploité.

Poursuivant son analyse, l’expert a relevé que l’innovation réside aussi «dans l’intégration du volet Industries minières dans ce département afin d’être en synergie avec la Loi minière en vigueur qui recommande la transformation et la valorisation des ressources pour maximiser la valeur ajoutée locale». «La création de ce ministère est aussi un signe aux investisseurs locaux et étrangers pour leur signifier le changement et le souhait de les voir participer au développement de ce secteur qui dispose de ressources importantes en quantité et en qualité qui peuvent réduire la facture des importations par la mise en exploitation locale», note-t-il. Mais quels seront les défis prioritaires que l’équipe de Mourad Hanifi devra relever?

L’organisation du Groupe Sonarem et de ses filiales en ligne de mire

«Les défis de la nouvelle équipe résident dans l’accélération de l’avancement des projets structurants, mais aussi de diagnostiquer l’état d’avancement de tous les projets détenus et lancés par Sonarem en vue d’engager leur exploitation effective ou de booster concrètement ceux qui sont en production», estime l’expert. Selon lui, l’organisation du Groupe et de ses filiales doit être en ligne de mire pour mieux gérer les portefeuilles et développer au mieux la formation des cadres et des personnels.

L’heure est à la productivité, donc à plus de rendement. Zerrouki ne conclut pas sans évoquer le potentiel existant précisant que «plusieurs gisements de substances stratégiques doivent être mis sur le marché du développement afin que notre pays participe activement en tant qu’acteur de la transition énergétique qui demande plus de phosphate, de wolfram, d’étain, de zinc, etc. L’expert a estimé, enfin, que «la nouvelle équipe a tous les atouts pour réussir». Cela étant dit, le secteur minier entre dans une nouvelle ère avec l’objectif de transformer le potentiel en richesse.

 

Source : Le Quotidien national d’information Horizons

Wassila Ould Hamouda

 

 

 

De la même section Activités