Tebboune nomme un ministre à la tête du secteur
- 20 Avril 2026
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Industrie minière : la nouvelle étape
Le chef de l’État a opéré un ajustement « millimétré » qui n’a concerné qu’un seul secteur : les mines. Il a été dissocié des hydrocarbures pour en faire un portefeuille ministériel à part entière.
Un «micro-lifting» du gouvernement. Jeudi dernier, le président de la République a surpris en procédant à un remaniement ministériel. Un ajustement «millimétré» qui n’a concerné qu’un seul secteur : les mines. En effet, Abdelmadjid Tebboune a décidé de les dissocier des hydrocarbures pour en faire un portefeuille ministériel à part entière. C’est ainsi que Mohamed Arkab, garde le poste de ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, mais voit les mines lui être retirées. Elles sont confiées à Mourad Hanifi. Directeur général des mines au ministère, il se voit promu comme ministre pour occuper le poste important des Mines à qui on a ajouté les Industries minières. Il est aidé par Karima Tafer qui reste secrétaire d’État mais cette-fois-ci rattachée au ministre des Mines et des Industries minières. Un changement stratégique de la part du président Tebboune. Car il ouvre la voie à la nouvelle étape que va amorcer le secteur minier en Algérie. Cette année 2026 a marqué le début officiel des trois gros chantiers lancés par le chef de l’État durant son premier mandat. Le début de l’année a ainsi été marqué par l’inauguration de la ligne minière–ouest. Elle a marqué le début de l’exploitation du minerai de Ghar Djebilet, en reliant la mine à la Méditerranée. Le premier train transportant le minerai de fer du mégaprojet de Ghar Djebilet (Tindouf) est arrivé à Oran début février 2026. Cette cargaison inaugurale, acheminée par la nouvelle ligne ferroviaire minière via Béchar, était destinée au complexe sidérurgique Tosyali à Bethioua pour transformation. Cela permet aussi à ce minerai d’être prêt à être exporté en arrivant à El Bahdja et son port d’Arzew.
Un exploit dont ont rêvé tous les présidents qui se sont succédé à la tête du pays. Tebboune a réussi à en faire une réalité. Considéré comme l’un des plus grands gisements au monde, Ghar Djebilet dispose de réserves exploitables estimées à 1,7 milliard de tonnes, avec une production appelée à monter en puissance. Il a marqué l’entrée en «puissance» de l’Algérie dans l’industrie minière structurée. Dans cette dynamique, les autres grands projets ont rapidement suivi. Au mois de mars, en plein Ramadhan, le gisement de zinc et de plomb de Tala Hamza, à Oued Amizour (wilaya de Béjaïa), est entré en exploitation.
Cette mine souterraine figure parmi les plus importantes au monde. Selon la compagnie australienne Terramin, elle se classe au 7e rang mondial, avec une capacité de production de 170 000 tonnes de zinc par an. La dynamique ne s’arrête pas là.
L’Algérie s’apprête à lancer, d’ici la fin du mois, l’exploitation du gisement de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Ce projet repose sur la valorisation des phosphates de l’Est, avec transformation locale et mise en place d’infrastructures dédiées, notamment la ligne minière de l’Est. L’objectif est de positionner l’Algérie comme un acteur majeur dans la production et l’exportation d’engrais, avec une capacité annuelle de 10,5 millions de tonnes. Ces trois mégaprojets stratégiques doivent permettre de diversifier l’économie nationale, de réduire les importations et de stimuler les exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2026-2028. Une véritable révolution est donc en cours.
Dans ce contexte, ce remaniement ciblé vise à renforcer la gouvernance du secteur, afin d’accompagner cette mutation sans laisser place à l’improvisation. La création d’un département ministériel dédié répond à la nécessité de structurer une véritable industrie minière nationale. D’ailleurs, lors du Conseil des ministres qu’il a présidé dimanche dernier, le chef de l’État a donné des orientations claires pour insuffler une nouvelle dynamique au secteur.
Il a insisté sur «la nécessité de passer d’une exploration classique à une vérification rapide sur le terrain, afin de mieux exploiter le potentiel minier du pays». Le Président a également appelé à «une logique de résultats, fondée sur une exécution rigoureuse et accélérée des projets, notamment celui de Ghar Djebilet, afin de consolider la stabilité économique».
Il a mis l’accent sur «la modernisation du secteur, à travers l’utilisation de technologies avancées et la mobilisation des compétences algériennes, en Algérie comme à l’étranger, ainsi que sur l’ouverture à des partenariats internationaux». Enfin, le développement local a été placé au cœur de cette stratégie, avec un «accent particulier sur la création de valeur ajoutée et l’intégration des projets miniers dans les économies régionales». Autant d’orientations qui dessinent la nouvelle feuille de route du Président. Ce «mini-remaniement» entre dans cette logique. Abdelmadjid Tebboune imprime ainsi un virage stratégique décisif, avec, en ligne de mire, ni plus ni moins que… l’émergence.
Source :Le quotidien l’Expression du 11-04-2026
Par Walid Ait Said
